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28 Avril 2016 Article Voix du Nord Valenciennes :

Brûlage de pneus en soutien à Éric Pecqueur devant chez Toyota Onnaing.

L’histoire se répète pour Éric Pecqueur, délégué syndical de Toyota. En 2014, avec une collègue de la CGT, ils avaient été convoqués à un entretien préalable au licenciement. Mercredi, il a une nouvelle fois été convoqué en vue d’une sanction.

À l’été 2014, la direction de Toyota reprochait au délégué syndical CGT, qui était aussi candidat à la législative partielle, d’avoir distribué des tracts dans l’enceinte de l’établissement et d’avoir pris des photos et filmé des salariés, alors que cela est interdit. Mercredi, il a, une nouvelle fois, été convoqué pour un entretien préalable. « Un entretien disciplinaire comme pour n’importe quel salarié par rapport au non-respect d’un certain nombre de règles de l’entreprise », confirme la direction. Cette fois, la direction n’a pas apprécié qu’il soit « discourtois » avec un agent de maîtrise. Ce qu’Éric Pecqueur réfute. Pour soutenir leur camarade, les militants de la CGT sont allés brûler des pneus ce jeudi après-midi sur la zone d’activité de la vallée de l’Escaut. Ils avaient prévu de s’y rendre sur le coup de 13 heures. Ils sont arrivés une bonne heure plus tard après avoir été soutenir leur camarade auditionné au commissariat. Au même moment, MM. Nagata et Baba, de Toyota motors Europe, qui viennent de prendre leur fonction après une réorganisation interne, étaient en visite sur le site.

« Éric Pecqueur est accusé de perturber la production. La direction essaie surtout de le sanctionner car à chaque manifestation contre la loi travail, il y a des débrayages de la CGT dans l’usine. En étant ici, nous voulons montrer que quand on s’attaque à un camarade, on ne se laisse pas faire. On ne touche pas aux militants», constate Ludovic Bouvier, responsable de la CGT métallurgie Nord – Pas-de-Calais. « Quand on touche à un camarade de la CGT, on touche à toute la CGT », embraie Jean-Paul Delescaut, secrétaire de l’union locale CGT de Valenciennes. Une parole qui a valeur de mot d’ordre quelques heures après les incidents devant le commissariat de Valenciennes.

 

La Voix du Nord


Quinze ans de l’usine Toyota: la parole aux syndicats

PUBLIÉ LE 09/02/2016

par Martine Kaczmarek

 

 

Dès l’implantation de Toyota à Onnaing, tous les syndicats y ont été représentés. Quinze ans plus tard, des divergences peuvent apparaître entre les uns et les autres, mais six accords ont été signés entre la direction et les partenaires sociaux (à l’exception de la CGT). De l’avis de tous, le constructeur nippon s’est adapté à la culture syndicale française.

 

 

Le dernier accord en date, signé en 2015 entre le constructeur et les partenaires sociaux, porte sur un intéressement qui bénéficiera aux salariés en 2016, 2017 et 2018. La CFTC n’a pas hésité à valider, comme le souligne Serge Lekadir, président de l’union locale, et son collègue, Dominique Bisiaux : « Nous avons travaillé dès le début sur le sujet. Rien n’est jamais parfait, mais il faut avancer. Aujourd’hui, nous revenons à des valeurs qui comptent. Nous avons signé tout de suite ». Serge Lekadir, Valenciennois de souche, parti à la Réunion pour le travail, est revenu en juin 2000 pour travailler chez Toyota dont l’usine avait poussé sur les champs onnaingeois qu’il connaissait bien. Il s’y est engagé syndicalement, rapidement. Lundi, il a assisté, non sans émotion, à la célébration du quinzième anniversaire de l’usine, au côté des représentants de la CFDT et de FO, signataires également de l’accord de 2015 et des précédents.

«Il y a des hauts et des bas, tout ne se négocie pas facilement »

« On cherche toujours l’amélioration et cet accord permet de montrer la performance de l’entreprise », précise d’entrée Thomas Mercier, délégué CFDT. À ses côtés, Patrick Bertrand, historique de l’entreprise, tout comme Emmanuel Arbonnier. « Je me suis syndiqué dès mon deuxième jour chez Toyota, on n’était alors encore sur Valenciennes, précise ce dernier. On a vu grandir l’entreprise ». L’attachement est réel, sans concession pour autant, en matière de luttes syndicales. Dans un passé pas si lointain, les rapports ont été tendus.. « Il y a des hauts et des bas, tout ne se négocie pas facilement ». Fabrice Cambier pour FO, ne dit pas autre chose : « On peut apporter nos points de vue, certains sont entendus, mais ce n’est jamais gagné… ». Tous syndicats confondus, les conditions de travail restent prioritaires dans le dialogue avec la direction. Pour FO, « ça avance, l’entreprise met un peu plus de moyens ». Pas forcément le point de vue de la CGT.

« Les volontés peuvent être différentes, les chemins ne sont pas les mêmes, c’est un ensemble de passions et d’énergies », commente Nicolas Fayolle, en charge des ressources humaines du site et, de fait, acteur des négociations syndicales dans l’entreprise.

Pour eux tous, Toyota s’est adapté facilement au dialogue social à la française. Bien différent pourtant de celui en place au Japon où le rapport salariés-directions des entreprises s’établit via un syndicat unique. Les bases du dialogue sociales sont bien différentes.

À Onnaing, quinze ans après l’ouverture de l’usine, les syndicats de Toyota constatent surtout, comme partout, la difficulté de trouver… de nouveaux adhérents, même si le taux de participation aux élections professionnelle est excellent (pas loin de 90 %).

La CGT veut dénoncer

Éric Pecqueur, délégué syndical CGT, n’a pas assisté à l’assemblée de ce lundi matin. «Je n’ai pas été convié ! », assure-t-il. Et il invoque son positionnement : « seule voix qui dénonce la réalité de l’entreprise alors que la direction se vante du bien-être des salariés». Le leader CGT fêtera ses seize ans chez Toyota le 27 mars. Il fustige l’accord sur les 35 heures, signé il y a quinze ans (« L’un des pires du pays ») et n’apprécie pas le cadeau offert aux salariés pour l’anniversaire de l’usine, à savoir, une doudoune, « alors qu’il fait froid dans l’atelier parce qu’on fait des économies de chauffage ! » Il dénonce pression, précarité, la très faible revalorisation des salaires. « Cet anniversaire doit être l’occasion de dénoncer l’exploitation dans cette usine ». Éric Pecqueur le reconnaît : Toyota mis au diapason de la réalité française, « comme l’entreprise l’a fait selon la façon de faire en Angleterre ou aux États-Unis. Mais un patron, c’est un patron, avec une conscience de classe internationale ».

 

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Les « historiques » de l’implantation Toyota en France n’auraient boudé l’invitation du constructeur de la Yaris qu’en cas d’urgence extrême : cela se voyait clairement dans leur sourire au moment de l’évocation du champ onnaingeois sur lequel l’usine a poussé, il y a un peu plus de quinze ans maintenant. « Quinze ans, c’est dingue, quand même », soufflait Laurent Degallaix, président de l’agglo et maire de Valenciennes, non sans avoir une pensée pour l’un de ses prédécesseurs, moteur du projet, Jean-Louis Borloo. À ses côtés, Cécile Gallez, notamment, toute discrète ce lundi, mais pas peu fier aux côtés des représentants de la CCI, engagés à plein poumon dans le challenge. Xavier Bertrand, aujourd’hui président de Région n’a formulé qu’admiration devant cette union des forces vives.

Un projet titanesque

Un consortium politique et économique multiple, costaud et déterminé, qui avait fait pencher la balance en faveur du Valenciennois au moment du choix, par l’État : c’est ce qu’a rappelé le sous-préfet de Valenciennes, Thierry Devimeux. Un Thierry Devimeux qui était sans doute en cette journée festive, l’un des mieux à même d’évoquer la genèse du projet : « Le 9 décembre 1997, Toyota a choisi le Nord pour s’implanter, parmi quarante dossiers en compétition ». Et des bons candidats, se souvient Thierry Devimeux qui travaillait alors… sur le sujet au sein de la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale). « L’arrivée de Toyota à Valenciennes a modifié l’économie locale, a poursuivi le sous-préfet. Ce fut le renouveau du Valenciennois. À l’époque le taux de chômage était de 22 %. Aujourd’hui ce n’est pas encore brillant, mais on est loin de cela». Et de rappeler un projet « titanesque » : huit enquêtes publiques en un an, la création d’un nouvel échangeur… « pour éviter tout retard et sécuriser l’implantation en tenant compte des délais ».

De 2000 à 3800 salariés

Un résumé qui allait dans le sens des propos du directeur de TMMF France, Koreatsu Aoki, premier à prendre la parole, en français, et à dire toute sa « fierté » et celle du constructeur nippon, devant l’exemplarité du site en matière de qualité et de travail sur l’environnement. Mais pas que. « Au début, il y avait 2000 personnes, aujourd’hui 3800 s’impliquent au quotidien pour satisfaire 1000 clients chaque jour », rappelant tous les axes de développement de la Yaris. Les salariés, pour qui quinze événements sont prévus pour marquer les quinze ans de production de la voiture, ont été salués par Jacques Pieraerts, représentant la direction européenne de la marque : « Onnaing est le premier site de production au monde à travailler en trois équipes sur vingt-quatre heures, ce à quoi Toyota n’était pas habitué. Pour les salariés, la compétitivité est un défi journalier ».

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Toyota Onnaing a quinze ans et de l’ambition pour la Yaris

PUBLIÉ LE 09/02/2016 - MIS À JOUR LE 09/02/2016 À 09:08

Par Martine Kaczmarek

 

 

La Yaris est produite en France depuis 2001 et pour fêter cet anniversaire, Toyota Onnaing avait invité lundi les acteurs du monde économique, politique et syndical qui entouraient et entourent toujours l’usine de la petite citadine. Les salariés n’ont pas été oubliés : quinze événements les attendent cette année.

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